Abidjan Ville Misère

Depuis ce samedi, Abidjan est dit-on devenue la ville lumière. Partout sur les grandes artères, des illuminations ont été installées et la ville brille de mille feux sous les lueurs des feux d’artifices généreusement offerts par la première dame.

S’il est vrai que ces illuminations sont belles et redonnent aux Ivoiriens l’envie de s’aventurer dehors la nuit tombée, la réalité sous les lumières n’est pas très reluisante. Beaucoup se demandent si les lumières sont la vraie priorité des Ivoiriens.

N’allons pas aussi loin. La semaine dernière, les étudiants de l’université Felix Houphouet Boigny se sont révoltés et ont entamés une grève pour dénoncer leur conditions de travail : ils n’ont pas assez de tables, les amphis pour beaucoup ne sont pas climatisés, ils n’ont pas de toilettes pour leur besoins, les tickets de restauration sont passés  de 200 f à 1.000 f  CFA, le quai des bus à été déplacé a 3 kilomètres de l’emplacement précédent (les navettes annoncées sont toujours invisibles) etc… Il faut ajouter à cela la cherté de la vie, le chômage ambiant, l’insécurité endémique, et une jeunesse perdue qui ne voit pas son horizon s’éclaircir.

Les Ivoiriens pour beaucoup comprennent mal ces lumières qui couteront quelques milliards aux contribuables. Cet argent n’aurait-il pas pu servir à autre chose ?

On me répondra : « Mais Monsieur, arrêtez d’être aigri, regardez comment les ivoiriens sont heureux, regardez Abobo la belle, taisez vous donc ».

C’est vrai que c’est beau, les lumières. Mais il y a d’autres priorités en Côte d’Ivoire. Le cas d’Abobo est emblématique, la commune la plus pauvre est la plus illuminée. Comme quoi c’est un excellent moyen de détourner l’attention des gens. Mais soyons heureux, il parait que la misère est moins pénible à la lumière. N’est ce pas…

Un dessin de roland polman

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Mo
Je suis juriste et activiste libéral.

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